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Publié par ensemblepourciboure


PÊCHE 3/3. Philippe Juzan, conseiller général délégué au port, ressent une prise de conscience des pêcheurs qui semblent aujourd'hui prêts à des concessions pour s'en sortir

« Une prise de conscience que c'est la mort du port »

Philippe Juzan : « Je suis surpris de cet état de haine ». (photo p. s.)
Philippe Juzan : « Je suis surpris de cet état de haine ». (photo p. s.)

Le Conseil général et la CCI ont tenu une réunion mardi à Bayonne avec les principaux acteurs du port de pêche de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure, en vue de désamorcer le conflit et préparer le conseil de ce soir. Hier, Philippe Juzan, le conseiller général en charge du port, a accepté de répondre à nos questions, balayant d'entrée toute polémique par rapport aux déclarations de la gauche parues dans notre édition de lundi.

« Sud Ouest ».

Le Conseil général est propriétaire du port. Quelles relations entretenez-vous avec la CCI, concessionnaire ?

Philippe Juzan.

Dès que la CCI nous consulte, on est à sa disposition. On a rencontré hier (mardi) ensemble, un certain nombre de pêcheurs, en particulier les représentants de Logicoop, pour voir ce que l'on peut faire ensemble. On a discuté près de trois heures pour aplanir différentes situations. On y arrive sur certains points, sur d'autres, c'est plus compliqué.

Avez-vous constaté une avancée ?

Il y a une prise de conscience que le conflit actuel ne peut pas continuer. Avec des tensions, on l'a vu, qui peuvent aboutir à des agressions physiques. Si l'on continue, c'est la mort du port. Ce sont des querelles de personnes auxquelles s'ajoutent avec la crise, des baisses de rentrée de poissons, des bateaux qui partent à la casse ou que l'on revend en Bretagne. Les recettes baissent pour tout le monde, les coopératives, l'association de gestion de la criée, c'est un problème de survie économique.

Quelles solutions préconisez-vous pour sortir de cette impasse ?

Notre idée, partagée par la CCI, c'est d'abord d'oublier le passé, les rancoeurs personnelles, afin que l'on puisse arriver à avoir un projet sur ce port.

Une proposition que vous aviez déjà faite lors de la table ronde du mois de juin, et qui s'est soldée par un échec...

On nous reproche la représentativité du conseil portuaire, je peux dire que l'OP Capsud va y être intégré dès demain (ce soir), et probablement aussi au niveau de l'association de gestion de la criée. Logicoop veut aussi être représentée, mais cela sera difficile avant les prochaines élections de ce conseil.

Vous êtes Luzien de souche, et en charge du port depuis un an et demi.

Comment vivez-vous cette situation ?

Je sais que la pêche est un milieu difficile, c'est connu. Il y a toujours eu des problèmes entre les pêcheurs et les mareyeurs. Mais là, ce sont purement des conflits entre usagers du port. Je suis surpris de cet état de haine entre personnes travaillant sur le port et amenées à être solidaires, surpris par cette violence. Je pense que si le quai était rempli de poissons, les tensions seraient moins vives. La crise attise les crispations. Il faut que tout le monde mette de la bonne volonté. J'ai des relations régulières ici avec les différents acteurs, je discute avec les pêcheurs. On sait bien que c'est un problème de personnes. Que tout le monde entende raison.

Êtes-vous confiant pour la bonne tenue du conseil portuaire ce soir ?

J'ai l'impression que tout le monde comprend. J'ai une grande confiance, une grande sérénité face à la sagesse des gens. Je pense que l'on avance.

Auteur : recueilli par Pierre sabathié
p.sabathie@sudouest.com
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