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Publié par ezkerralde

La semaine du Pays Basque du 7 au 13 janvier 2011 Page Irrintzina

 

 

IMG 3139 bisLe début de cette mandature a été marqué par une opposition frontale entre le groupe que vous menez et la majorité municipale de Guy Poulou. Est-ce que les relations se sont pacifiées ?

Nos relations se sont bien améliorées, aujourd’hui nos personnes et notre travail sont respectés. L’agressivité et les idées préconçues à notre égard ont fait place à des relations courtoises et plus sereines avec le maire ; il a admis que nos convictions étaient bel et bien fondées sur l’intérêt que nous portons à Ciboure ; la justesse de nos arguments et analyses ont souvent fait mouche. Notre investissement personnel sur l’étude des dossiers est important et notre présence assidue. Nous avons un regard différent et sommes une force de débat. Il est cependant difficile d’être une force de proposition, lorsque les dossiers entièrement ficelés, arrivent sur la table du conseil municipal ! Nous avons néanmoins réussi à faire reporter des délibérations et à assurer la tenue de 2 conseils municipaux grâce à notre présence, faute de quorum de la majorité. Animés par nos valeurs de gauche, nous défendons à chaque occasion, notre programme de campagne de 2008. 2008 an konfiantza egiten diguten ziburutarren beharrei erantzuten saiatzen gira  eta sustatzen gaituzten ezkerreko jendeen baloreak eta gure programa  defenditzen ditugu.

Quel regard portez-vous à présent sur le travail du maire ?

Bien gérer, c’est prévoir. Faire de la politique c’est gérer le quotidien mais c’est aussi inscrire sa ville et ses concitoyens dans une démarche d’avenir. La majorité pratique ce que nous appelons une politique « à la petite semaine » et n’a pas de vision d’ensemble pour une cohérence du territoire. On pallie les choses par à coups, par pulsion au lieu d’anticiper. Ciboure n’a pratiquement plus de marge de manœuvre notamment au niveau du foncier. Initié en juin 2002, le PLU va enfin voir le jour au printemps 2011. Le laxisme en la matière ainsi que le clientélisme ont déclenché une envolée frénétique et anarchique de l’immobilier. Si cela servait les intérêts des cibouriens, nous n’aurions rien à dire mais le constat est autre : 1126 logements ont été créés en 10 ans mais le nombre de résidences principales a diminué ! Une contradiction s’expliquant par une forte spéculation immobilière dont le maire s’est rendu complice en ne défendant pas le POS et en retardant l’élaboration des règles d’urbanisme.

Nous relevons des erreurs de gestion majeures et lourdes de conséquences pour notre commune aux moyens financiers limités : 1 million d’€ entre l’implantation d’un hypothétique casino et l’achat du local PEP à Novelty bloquant et retardant la création du Centre de Loisirs. Tout comme la réalisation du bassin de stockage des eaux à Marinela a causé des désagréments au voisinage et des dégâts entraînant la fermeture de l’école publique. Le manque de clairvoyance a stoppé les investissements et fait s’envoler le taux d’endettement. Les règles démocratiques ne sont pas respectées, des dossiers ne passent même plus en commission.

Des études sur la rénovation urbaine à Ciboure ont été lancées ; il s’agit d’un enjeu majeur pour la ville. Vous avez fait part de votre inquiétude envers les orientations menées. Est-ce que vous pensez que l’on va dans la mauvaise direction notamment sur le dossier du port de plaisance ?

Concernant Socoa, il est clair que le quartier a besoin de restructuration. L’étude lancée en 2005 par le syndicat intercommunal a révélé un budget de 65 millions d’euros dont 41 pour un port de plaisance. Saint Jean de Luz se désengage et Ciboure envisage une construction et une gestion privées de ce port. Alors que tous les élus locaux s’élèvent vent debout contre la LGV pour des raisons environnementales, on n’hésite pas à envisager de défigurer et polluer la baie. Par ailleurs, on n’entretient pas l’existant : Nivelle et Socoa. Le port de plaisance Larraldenia n’a pas le label « pavillon bleu » et la qualité des eaux de baignade est toujours problématique. A terre, la rénovation ne prend pas en compte les besoins des associations locales, des professionnels et restaurants qui font vivre ce quartier depuis des décennies. L’avenir du Fort est incertain : montant de l’achat non connu à ce jour et un budget de 4 millions pour sa rénovation. Qui aura les moyens de cette ambition ? Le secret est bien gardé…

Concernant le quartier Sainte Thérèse, un lotissement va voir le jour avec 40% de logements sociaux. Mais on oublie de mentionner qu’à Ciboure nous atteignons tout juste 9% sur les 20 de la loi SRU. Ce rattrapage est très insuffisant. Nos jeunes ne peuvent plus se loger, car Ciboure est devenue une cité dortoir touristique...

Vous êtes fille de marin pêcheur et, tout naturellement, vous êtes très attachée au port de pêche de Ciboure-Saint-Jean-de-Luz, qui connait malheureusement de grandes difficultés. Quel avenir espérez-vous pour cette structure qui semble fondamentale pour l’identité des deux villes ?

Oui, j’y suis très attachée et j’ai beaucoup de respect pour la filière pêche. Aujourd’hui, le port est surdimensionné à la fois dans son immobilier, ses équipements et ses structures de gestion. Des emplois à terre sont menacés. Les conflits existants ne sont que la traduction d’un réel désespoir des marins-pêcheurs. Je considère que le CG 64 et son concessionnaire (la CCI), ont failli à leur mission de développement et de gestion. Il faut absolument sortir du réflexe de survie dans lequel le port baigne depuis 20 ans au moins, et se diriger plutôt vers un développement adapté aux réalités de 2011. On ne peut fédérer les marins qu’autour d’un projet fait avec, et pour eux. Or, rien n’a été fait en ce sens et on s’est évertué à « diviser pour mieux régner ». Nous nous sommes positionnés pour la vente à la table, car aujourd’hui, c’est la seule alternative à la survie des pêcheurs.

Le bâtiment du port est obsolète et devrait, dans sa partie supérieure, être entièrement rénové pour abriter un pôle pêche multifonction liant tous les acteurs du monde maritime. L’axe IV du Fonds Européen pour la Pêche devrait impulser une dynamique solidaire basée sur la pêche artisanale labellisée. Avec nos collègues socialistes luziens, nous avons remis à Jo Labazée, président des élus de gauche du CG64, une proposition d’actions pour l’avenir du port, liée à une politique volontariste passant nécessairement par un changement de majorité départementale.

Est-ce que Ciboure joue un rôle qui vous semble suffisamment important dans la Communauté de Communes Sud Pays Basque ? Etes-vous favorable à sa transformation en Communauté d’agglomération ?

Contrairement à d’autres communes, l’opposition cibourienne n’est pas représentée au sein de la CCSPB et ne peut pas apporter sa contribution. Cependant, il s’agit de travailler au mieux des intérêts d’un plus large territoire et de proposer à l’ensemble des habitants un bien-être commun. Le président Hiriart se trouve confronté à une compilation d’intérêts, chacun défendant son pré carré ! La CCSPB est très jeune (5 ans) et doit acquérir de la maturité. Avec la communauté d’agglomération, il y aura davantage de moyens financiers et une possibilité de porter des projets. Une intelligence collective liée à une représentation démocratique (pour 2014 ?..) sera le tremplin d’un travail efficace et solidaire. Je pense également que le rôle de l’élu municipal devient encore plus nécessaire car il s’inscrit dans la réalité du terrain où il est le lien entre les citoyens et les gestionnaires.

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