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Publié par Le Cibourien

2ème divorce cibourien

Pays basque : les abertzale préfèrent désormais avancer seuls à Ciboure Publié le 02/11/2015 à 03h47 par Raphaëlle gourin

En réaction aux absences de deux élus PS, qui refusent de démissionner et de laisser la place aux suivants sur la liste, les abertzale quittent le groupe d’union de gauche.

Leire Larrasa et Eneko Aldana souhaitent que les absents démissionnent pour que le suivant sur la liste, l’abertzale Jean-Michel Dirassar, puisse siéger.

L'union de la gauche municipale cibourienne n'est plus. Dominique Duguet (PS) s'était déjà désolidarisée de ses colistiers après les départementales. Les deux élus abertzale de Ziburu Bizi divorcent à leur tour des socialistes de Ciboure Pour Tous.

Leire Larrasa et Eneko Aldana estiment les absences de deux d'entre eux, « incompatibles avec un rôle d'élu local ». Ils visent Jean-Pierre Rosenczveig « pour sa présence irrégulière et insuffisante », et Julie Bergara, enseignante, nommée en Polynésie pour deux années.

Les abertzale souhaitent les voir démissionner et laisser place aux suivants sur la liste, soit le 7e et la 8e (l'abertzale Jean-Michel Dirassar et la socialiste Maïte Caudal). Rien dans le code électoral ne les y oblige. Ils se sont heurtés à une fin de non-recevoir. « On a l'impression que la vraie raison de ce refus, c'est que les socialistes deviendraient alors minoritaires dans le groupe », pointe Leire Larrasa.

Une sommité

Sollicités par « Sud Ouest », Henri Duhaldeborde, la tête de liste du groupe PS et Manuel Barthas, le secrétaire de la section PS locale, répondent par le biais d'un communiqué commun. « Le Parti socialiste a décidé, écrivent-ils, de ne pas se priver de ces deux conseillers municipaux », des élus « particulièrement sérieux ayant le sens des responsabilités et de l'intérêt général ».

L'occasion pour eux de rappeler la sommité qu'est Jean-Pierre Rosenczveig. Retraité depuis 2014, l'ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny jouit d'une « réputation nationale et internationale. Il est membre du Collège des droits de l'enfant auprès du défenseur des droits. Il est également sollicité par l'ONU à travers l'Unicef, qui œuvre dans le monde au service de la protection de l'enfance. Cela ne l'a pas empêché d'être présent à une majorité des séances du Conseil municipal », insistent-ils.

Le verre à moitié vide

Là où les socialistes voient le verre à moitié plein, les abertzale le distinguent à moitié vide. « Depuis que nous sommes élus, il est venu à à peine plus de la moitié des conseils municipaux, et n'a participé à aucune des réunions du CCAS où il est censé nous représenter », regrette Leire Larrasa. « Être élu, ce n'est pas juste venir au conseil municipal », renchérit Eneko Aldana.

Sur Julie Bergara, les représentants du PS précisent bien « qu'elle a participé à toutes les réunions du Conseil municipal ». Soit. Son assiduité passée n'est pas en cause. Ce qui inquiète les abertzale, ce sont plutôt ses futures absences.

« On comprend qu'un changement de situation professionnelle et personnelle empêche d'assumer ses fonctions, explique Eneko Aldana. Mais sérieusement, on ne peut pas exercer un mandat à 15 000 kilomètres de distance. » Pour Ziburu Bizi, ne pas laisser la place « aux personnes présentes et à même de s'investir » est « irrespectueux vis-à-vis des Cibouriens ».

Julie Bergara est la jeune socialiste qui monte à Ciboure. La trentenaire avait été adoubée par les siens pour les départementales. Au sein du PS, elle a le profil de la relève. Et pourquoi pas, celui d'une tête de liste municipale en 2020 ? Il sera plus compliqué pour le PS de laisser cette porte ouverte, si elle n'est plus élue d'ici là.

Pour les abertzale en tout cas, la situation compromet d'emblée de futures alliances. L'union des deux listes de gauche, négociée pour le second tour en 2014, a pourtant fonctionné. « Nous avons pris des engagements sur notre projet municipal. Jusqu'à aujourd'hui, ils ont été scrupuleusement respectés », écrivent Henri Duhaldeborde et Manuel Barthas.

Les abertzale confirment. « Ce qui se passe est d'autant plus regrettable que nous avons réussi à nous entendre sur le fond et à travailler tous ensemble », disent-ils. « Mais là, nous sommes face à un problème d'éthique. Nous ne pouvons pas cautionner cette façon de faire de la politique. »

La séparation sera actée au prochain conseil municipal, en novembre.

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